ABIES CANADENSIS
TSUGA CANADENSIS
LE « SAPIN » DU CANADA
Présentation de la substance homéopathique :
Contrairement à une idée largement répandue Abis canadensis ou épinette blanche n'est pas un sapin (même si on lui donne le nom de sapin du canada) mais une pruche appelée tsuga de la famille des Pinacées. Abis canadensis est un résineux de taille moyenne qui poussait à l'origine dans l'est américain, dans les forêts froides et humides à la frontière avec le Canada (Maine, Vermont ou nord de la Pennsylvanie qui veut dire littéralement « forêt de pins »), dans les gorges humides et sombres ou à flanc de montagne sur sols rocheux et que l'on retrouve à présent dans presque toutes les régions nordiques. La face intérieure des aiguilles est blanche. Les pommes de pins sont très petites, presque atrophiées. L'écorce est épaisse et particulièrement riche en tannin (des produits issus de cette écorce servent d'ailleurs au bronzage). Peu de sève circule dans ce conifère. On l'extrait pour fabriquer de la gomme appelée baume du Canada (espèce « baumier »)
Symptômes généraux :
- Faim dévorante
- Fringale
- Voracité
- Boulimie de remplissage
- Hyperphagie boulimique
- Troubles du comportement alimentaire
- Gros appétit nerveux difficile à contenir avec sensation de ne jamais se remplir comme si on mangeait uniquement pour libérer la gêne et les douleurs présentes lorsque l'estomac est vide. On parle souvent de canadensis comme un sujet ayant un gros appétit mais c'est plus l'absence de sensation de satiété qui entretient ses prises d'aliments. De même l'absence de ce qu'on appelle l'appétit est comblé par la pulsion boulimique de remplissage : canadensis n'a pas faim, il dévore pour apaiser ses troubles. Et ce sont ces excès alimentaires qui entretiennent et amplifient ses troubles. Il semble donc que le signal de satiété soit « recouvert » par les troubles que la prise d'aliments tente de faire céder en vain.
- se jette littéralement sur les aliments et se remplit à grosses bouchées à peine dégluties.
- Appétit déréglé du gros mangeur insatisfait qui se goinfre ne tire pas de plaisir de sa prise d'aliment.
- Absence de message de satiété : l'estomac semble se vider aussi vite qu'il se remplit
- Sensation de trou dans l'estomac
- Gastrite
- Gastralgie
- Ballonnements
- Flatulences
- Borborygmes et éructations bruyantes après prise d'aliments
- Douleur et malaise post prandial
- Souvent irritation, agitation, nervosité et angoisse post-prandiale : le fait de manger déclenche des symptômes digestifs silencieux traduits en angoisse par le cerveau.
- Ou au contraire abattement, vertige, malaise et stupeur.
- Flatulences avec sensation de troubles cardiaques associées
- Gaz
- Météorisme
- Dyspepsie : ensemble de symptômes souvent flous car nombreux consécutifs au déclenchement d'une digestion difficile immédiatement après la prise alimentaire et due le plus souvent à une inflammation chronique et étendue de la muqueuse digestive. Dans le cas de canadensis, la dyspepsie est de type tachyphagique caractérisée par des prises d'aliments rapides, anarchiques et nombreuses pour éteindre des symptômes digestifs dus précisément aux crises de boulimie et aux grandes quantités d'aliments à peine mastiqués qui arrivent dans le système digestif déjà enflammé : la dyspepsie entretient la dyspepsie.
- Dysphagie consécutive aux symptômes dyspepsiques : sensation de boule à l'estomac, d'éléments étrangers coincés dans l'œsophage. Sensation de gênes lors de la déglutition et de la progression des aliments dans l'œsophage, comme si les aliments étaient durs et pointus comme des arrêtes et que ces arrêtes raclaient contre la parois de l'œsophage. Sensation parfois d'œuf dur coincé. Sensation d'avaler un cube. Sensation d'avaler un aliment dur et râpeux (cette sensation est d'ailleurs souvent le reflet de la réalité tant canadensis mâche peu ses aliments si pressé qu'il est d'en ingurgiter le plus possible pour essayer d'éteindre le feu de ses muqueuses digestives).
- Sensation de « pouvoir suivre la progression des aliments dans le conduit digestif ».
- Palpitations cardiaques immédiatement après avoir mangé à cause des flatulences.
- Emission involontaire d'urine durant la selle.
- Emission involontaire d'urine pendant les spasmes ou le rire.
- Inflammation chronique des muqueuses digestives dues à l'hyperacidité du corps et au fait que les prises répétées d'aliments ne laissent pratiquement jamais le système digestif au repos.
- faim d'aliments indigestes et/ou acides (oignon, huître, corps gras, viandes…). L'aliment est perçu comme indigeste et pourtant désiré malgré l'inconfort digestif qui existe déjà et celui qui va résulter de cette prise d'aliment indigeste.
- Besoin de se remplir.
- Déprime
- Douleur localisée sous l'omoplate droite.
- Impression de grand froid entre les omoplates
- Fatigue nerveuse
- Fatigue physique
- Fatigue intellectuelle
- Sensation de faiblesse dans la région sacro-iliaque et sacrum : sensation de dos qui plie à partir du bas, sensation de ne pas parvenir à se tenir droit. Sensation d'être tiré, ployé vers l'avant.
- Douleurs brûlantes au niveau du rectum avec souvent fausses envies d'aller à la selle.
- Faim obsédante
- Impression que l'estomac se vide à mesure qu'il se remplit
- Impression que l'estomac ne va jamais se remplir
- Impression d'avoir de plus en plus faim à mesure qu'on mange
- Sensation de grand froid intérieur (souvent la peau est brûlante mais l'intérieur du corps est gelé).
- Impression de mouillé, d'humidité entre les omoplates. Comme si les vêtements étaient trempés à cet endroit.
- Douleurs ressenties au fond de l'utérus
- Gènes et troubles gastro-intestinaux chez une femme souffrant de prolapsus (ptose – relâchement abdominale entraînant une descente de viscères en direction de la région des organes génitaux). Sensation que l'utérus est mou. Douleurs utérines.
- Catarrhe (inflammation chronique des muqueuses avec hypersécrétion de mucus bronchique ou d'acide digestif) : comme pour l'agitation, l'angoisse ou l'irritabilité qui sont le plus souvent des symptômes digestifs « silencieux » c'est-à-dire compris et rendus comme tel par le cerveau qui n'en a pas directement « conscience », contrairement à une idée largement répandue, de nombreuses personnes souffrant d'inflammation chronique des muqueuses respiratoires ou ORL ont pour origine de ces symptômes une inflammation chronique des muqueuses digestives par hyperacidité chronique. C'est ce terrain qu'il faut traiter prioritairement avant de pouvoir envisager de faire céder la catarrhe résultante. Dans le cas de canadensis, la catarrhe est surtout localisée au niveau des sinus frontaux et du nez avec sensation d'obstruction chronique à la racine du nez et production chronique de matières nasales colorées et se détachant en grumeaux parfois de tailles impressionnantes.
- aggravation dans toutes les positions qui accentuent la compression.
- Paradoxalement amélioration en appuyant sur la région épigastrique.
- Forte latéralité droite : impression que le poumon droit est racorni de même que le foi.
Profil type :
Le premier symptôme-clé d'abies canadensis est le météorisme, la production de gaz intestinaux, les flatulences ainsi que tous les symptômes de gênes gastro-intestinales et d'agitation, d'angoisse et d'irritabilité associés.
Pour exemple, chez abies canadensis, les flatulences peuvent être tellement importantes qu'elles provoquent une augmentation du volume abdominale et une compression de l'intestin souvent dans l'angle droit ou gauche avec sensation de compression thoracique associée à une grande gêne respiratoire, palpitations cardiaques (souvent après éructation) et essoufflement évoquant une gêne dans la région cardiaque. Le sujet canadensis entre alors dans une phase résultante d'angoisse et d'agitation due en partie à cette chaîne de symptômes réactionnels qui se déclenche : il pense avoir des problèmes cardiaques mais comme dans un grand nombre de cas de sensations cardiaques le problème se situe au niveau digestif avec accumulation de gaz et compressions.
Le deuxième symptôme clé d'abies canadensis est la douleur gastrique souvent cuisante qui complète le tableau. Une douleur en forme de trou, de clou ou d'écharde, en forme aussi de brûlures et de remontées acides ainsi qu'une chaîne de nuisances associées qui conduisent au troisième symptôme clé, celui de la faim boulimique déclenchée par l'organisme pour atténuer ces douleurs après que canadensis se soit rendu compte que le fait de manger le soulage. Mais ne le soulage qu'un temps très court. Ce qui conduit canadensis à multiplier ces prises d'aliments pour éteindre la douleur qui se rallume sans cesse.
Là est le cercle vicieux dans lequel se trouve enfermé canadensis. Il sait que ce qui semble lui faire du bien lui fait aussi du mal et qu'il est obligé de se resservir de ce mal pour essayer de se faire du bien. Peu à peu donc canadensis se retrouve « condamné » à multiplier les prises d'aliments tout en sachant que ce sont ces prises désordonnées qui entretiennent les douleurs dont il veut se débarrasser. Il trouve donc face à ce problème cornélien : si je ne mange rien je vais avoir mal et si je mange je vais avoir mal.
Le quatrième symptôme clé de canadensis est la boulimie, la fringale et la faim dévorante à laquelle le sujet cède en engouffrant la nourriture pour apaiser ses troubles. Abies canadensis est le médicament cible pour tout ceux qui dévorent avec cette impression que rien de ce qu'ils vont avaler ne va soulager leur faim. C'est typiquement une impression d'estomac « troué » non qu'il soit particulièrement douloureux mais plutôt impossible à remplir et donc incapable d'adresser au cerveau un message de satiété. Dans ces périodes de fringales, abies canadensis a parfois l'impression qu'il est en train de se dévorer lui-même tant la faim augmente à mesure qu'il mange. Mais ce n'est pas tant la faim comme sensation physique qui caractérise cet abies mais plutôt la faim comme absence d'impression comme si la nourriture ingurgitée tombait dans un puit sans fond.
Le cinquième symptôme clé de canadensis est le vertige « digestif » : souvent juste après ses prises anarchiques et excessives d'aliments, canadensis est pris de vertiges et d'étourdissements, de somnolence aussi brutale qu'irrépressible souvent assimilables à des crises d'hypersomnies (le nez tombe sur la poitrine devant la télévision ou en pleine discussion par exemple), d'abattements, de stupéfaction et d'incapacité de réflexion. Le sujet est prostré, abattu. Très fatigué, il recherche la position allongée mais celle-ci ne lui apporte que peu de soulagement et il doit fréquemment changer de position. Ensuite, lorsque les douleurs reprennent, canadensis est souvent sujet aux agitations, aux convulsions, à une grande irritabilité et aux angoisses dues à la reprise de la chaîne des symptômes à mesure que la muqueuse digestive s'enflamme à nouveau. D'où la reprise boulimique d'aliments pour éteindre le feu qui se rallume.
Le sixième symptôme clé de canadensis est cette grande sensation de froid qui s'empare souvent de lui, accompagnée de sensation d'abattement, d'abrutissement, de vague migraine et de vue brouillée. Cette sensation de froid est très particulière chez canadensis et se retrouve en symptômes d'accompagnement dans d'autres substances homéopathiques : le froid de canadensis est intense, glacial et périphérique c'est-à-dire qu'il touche les extrémités et le bord extérieur de la peau cependant que l'intérieur du corps semble brûlant comme si un feu y couvait. Le froid est accompagné de frissons remontant ou descendant le long du dos entre les omoplates. C'est cette double sensation froid glacial engourdissant périphérique / sensation de brûlure interne généralisée qui signe aussi canadensis en accompagnement des autres symptômes clés de cette substance.
Voici donc la chaîne des symptômes de canadensis : d'abord et en tout premier lieu des flatulences associées à des douleurs ulcérantes dont on ne sait précisément si les premières sont causes ou conséquences des secondes, des prises anarchiques et boulimiques d'aliments ayant pour conséquences d'apaiser un temps les douleurs avant de les relancer par déclenchement et entretient d'un processus digestif quasi permanent, une sensation de froid intense en périphérie et une sensation associée de grande brûlure interne avec impression de feu aux joues accompagnant l'engourdissement gelé des extrémités.

