ABROMA AUGUSTA
THEOBROMA AUGUSTA
ULAT KAMBAL (INDE)
LE « COTON DU DIABLE »
Présentation de la substance homéopathique :
Souvent appelé lin indien ou « coton du diable », abroma augusta est un arbre à feuilles persistantes de la famille des sterculiacées. Il est très probablement originaire de l'Inde où il pousse à l'état sauvage dans les régions les plus chaudes mais il s'étend aussi à toute l'Asie tropicale et à Australie. Les feuilles dont on tire la substance homéopathique sont très vertes et veineuses. Les fleurs sont rouge grenat. Les tiges et les feuilles sont armées d'épines et de sortes de poils cotonneux très irritants pour la peau. Son écorce est très semblable au toucher à de la fibre de jute. Très utilisée en médecine ayurvédique depuis la nuit des temps, on retrouve son emploi dans les périodes les plus reculées de l'histoire pour son action facilitatrice et déclencheuse des saignements menstruels (action emménagogue). De sa racine on extrait une drogue puissante qui déclenche les règles et fortifie l'utérus. Sous cette forme, son action est abortive en cas de grossesse. L'arbre abroma aime les régions chaudes, humides, sombres.
Symptômes généraux :
- Grande action emménagogue : favorise, déclenche, régule, provoque ou aggrave le flux menstruel (en présence de symptômes préexistants de flux anormalement abondant).
- dysménorrhées : rétrécissement pathologique du flux menstruel en raison d'obstruction ou de lésion le plus souvent accompagné d'algoménorrhée (douleurs souvent très intenses et invalidantes en particulier pelviennes et utérines survenant avant et pendant les règles). Les dysménorrhées peuvent avoir une cause organique (dysménorrhées primaires c'est-à-dire intervenant dés les premières règles ou secondaires c'est-à-dire intervenant plusieurs années après les premières règles) ou non (dysménorrhées essentielles).
- Paradoxalement aménorrhées avec douleurs brûlantes dans la région pelvienne dans lesquels abroma augusta va réguler le flux trop abondant. Contrairement aux dysménorrhées, la douleur se réduit avec la réduction du flux.
- Flux en caillots, comme coagulé et de couleur foncé.
- Congestions et douleurs oppressives accompagnant les dysménorrhées. Les douleurs sont compressives et se relâchent progressivement jusqu'à amélioration complète à mesure que le flux devient plus abondant (si le flux ne s'élargit pas, les douleurs s'intensifient et peuvent durer tout le temps des règles jusqu'à devenir paroxystique)
- La douleur prémenstruelle et menstruelle naît uniquement de la difficulté d'écoulement et ne cesse soit qu'avec la fin du cycle soit qu'avec l'amélioration de l'écoulement. Toute amélioration de l'écoulement améliore la douleur, toute altération de l'écoulement aggrave la douleur.
- Toutes douleurs oppressives des dysménorrhées lorsque ces douleurs comme c'est souvent le cas sont améliorées par l'augmentation du flux.
- Amélioration à la fomentation (application de compresses chaudes sur le bas-ventre).
- Tout désordre émotionnel, hormonaux et nerveux accompagnant les dysménorrhées et douleurs associées : nervosité, irritabilité, colère, humeur changeante, tristesse, déprime, dépression, larmes, très sensible à la contradiction.
- Douleurs de type diarrhée avec spasmes dans le bas ventre (région pelvienne et utérine) associées à l'apparition et au tarissement du flux.
- Souvent douleurs lombaires asociées aux douleurs pelviennes de la dysménorrhée. Douleurs améliorées en se penchant en avant et aggravées en se penchant en arrière.
- Diminution de l'appétit avec sensation d'estomac plein, bloqué et/ou noué accompagné de migraines digestives ou nerveuses et de constipation et/ou au contraire (de façon alternée ou non) augmentation féroce de l'appétit avec attirance très marquée pour les aliments et les boissons sucrées (sodas) et les sucreries. La voracité s'étend ensuite à tous les aliments avec sensation de ne jamais se remplir suffisamment.
- Sensation de grande soif quasi permanente et jamais satisfaite malgré les grandes quantités d'eau fraîche ingérées. « boit comme un trou » de grand verre d'eau fraîche sans respirer comme pour étancher une soif inextinguible. L'estomac se remplit d'eau mais la sécheresse perdure. « glouglou » dans le ventre mais la soif continue ce qui fait soupçonner une « soif cellulaire » comme après un repas trop copieux ou trop salé où l'organisme n'a pas besoin d'eau mais en réclame pour ramener l'équilibre cellulaire. A cette différence que le symptôme principale absent après les repas copieux est cette grande sensation de sécheresse dans toute la bouche et la gorge.
- Sécheresse buccale : la sensation de grande soif naît et est entretenue par une sensation quasi permanente de sécheresse buccale et labiale. La gorge, la bouche et la langue sont sèches ou perçues comme sèches, râpeuses. Les lèvres sont sèches, craquelées. Le sujet a la sensation de manquer de salive et passe continuellement sa langue sur ses lèvres ce qui accentue la sécheresse de l'épiderme.
- Urines fréquentes, en jet soutenu et clair, avec soif immédiatement après.
- Aggravation des douleurs pelviennes dues à la compression de la vessie qui se remplit et semble ne jamais totalement se vider.
- Fortes et fréquentes émissions d'urine surtout la nuit. Se lève fréquemment plusieurs fois la nuit pour uriner. Réveillé par le besoin d'uriner avec douleurs pelviennes associées et sensations brûlantes qui se relâche à mesure que la vessie se vide.
- Sensation que la vessie n'est jamais totalement vidée.
- Vertiges et épuisement après la miction.
- Insomnies
- Prostrations
- Tout effort physique et intellectuel est une souffrance, semble insupportable.
- Sujet irrité et/ou taciturne
- En milieu expérimental, abroma à dose importante rend agressif les sujets calmes et apaise les sujets agressifs.
- Forte constipation avec fausse impression de besoin, émissions de selles dures, gargouillis abdominaux. Fort besoin de pousser. Les selles sont caillouteuses, en boule. Grand épuisement avec céphalée et vertiges après l'effort improductif de la selle.
- Diminution du désir sexuel chez l'homme. Anorgasmie, impuissance, perte de fantasme, d'envie. L'acte sexuel rebute, semble insurmontable et génère un épuisement extrême après l'éjaculation qui est souvent longue à venir avec ramollissement de l'érection, montée de l'orgasme puis très long plateau pouvant conduire à la perte de l'orgasme. Souvent éjaculation sans orgasme précède l'épuisement complet.
- Sensation de nez bouché, de narine qui se débouche tandis que l'autre se bouche. Narines et ailettes du nez desséchées, parfois rouge à cause des frottements.
- Aggravation de la sécheresse la nuit qui provoque souvent une toux avec douleurs en écharde dans la gorge et la poitrine. Douleurs provoquées par la toux réflexe en réponse à la sécheresse des muqueuses. Le sujet se redresse et se tient la gorge en toussant.
- Aggravation des symptômes la nuit
- Aggravation à la chaleur, dans une chambre confinée
- Amélioration en marchant, au grand air, au froid
- Amélioration en appuyant sur le lieu ou s'exercent les douleurs
- Grande nervosité et sensibilité. Le sujet éclate de rire ou en larme pour un rien.
- Tête lourde. Lourdeur de la pensée.
- Céphalées et vertiges parfois aggravés par le sommeil
- Œdèmes aux lèvres et aux paupières.
- Latéralité droite : douleur chez la femme dans la partie droite du bas ventre et dans la région lombaire correspondante à droite.
- Cauchemars fréquents mettant en scène des accidents de la route, des événements violents, des catastrophes. Au cours de certains rêves, le sujet a parfois l'impression que quelqu'un l'appelle par son prénom.
- La plupart des symptômes d'abroma s'aggravent en étant couché dans la chaleur confinée d'une chambre et s'améliorent par le mouvement comme la marche au grand air, au froid.
- Diabète mellitus : diabète de type J (pour « Jamaïcan diabet »), un diabète sucré très fréquent aux Antilles et faisant le plus souvent suite à une pancréatite mal soignée.
- Certaines formes de diabète insipide
Profil type :
Abroma augusta est une des nombreuses substances dont les symptômes sont directement liés à l'écoulement avec amélioration et/ou aggravation en fonction de l'amélioration ou de l'aggravation de cet écoulement.
Si abroma augusta s'adresse en première intention par la nature même de ses grandes propriétés emménagogues aux jeunes femmes ayant leurs premières règles douloureuses avec flux très peu abondant (dysménorrhées primaires) et aux femmes déclenchant soudainement des règles douloureuses avec perte de flux alors que leurs autres cycles étaient normaux (dysménorrhées secondaires), cette substance s'adresse aussi aux hommes dont les symptômes se rapprochent de celles des femmes qui souffrent de ces dysménorrhées.
Concernant les femmes, le premier symptôme abroma est le déclenchement des douleurs et des symptômes nerveux associés avant et pendant les règles avec apparition d'un flux très faible dont l'augmentation apaise proportionnellement la douleur. Ainsi le premier et plus grand signe d'abroma et le rapport entretenu entre la modification du flux et celle de la douleur pelvienne.
De même et toujours en raison de ses propriétés emménagogues, abroma s'adresse aussi aux femmes souffrant d'aménorrhées dont les douleurs pelviennes et les troubles de l'humeur associées s'apaisent cette fois-ci à mesure que le flux trop abondant revient à la normal.
Ce qui différencie abroma de certaines autres substances prescrites dans les troubles menstruels est que le sujet abroma est nerveux, agressif, irritable pendant ses règles alors que le sujet des autres substances va par exemple être très émotif, renfermé, passant du rire au larme et/ou pleurant souvent et pour rien.
IMPORTANT : à la différence des dysménorrhées essentielles, les dysménorrhées primaires et secondaires (c'est-à-dire encore une fois tous les rétrécissements pathologiques du flux menstruel avec douleurs associées dans la région pelvienne et utérine à intensité inversement proportionnelle au flux) ont des raisons organiques, des obstacles (constrictions, oppressions, compressions) qui barrent le passage du flux. Si vous souffrez de ce genre de dysménorrhées, vous devez en priorité consulter votre gynécologue afin qu'il repère la cause organique du problème et vous propose un traitement ciblé. Cette cause résolue ou en tout cas identifiée, l'homéopathie en général et abroma augusta en particulier (mais ce n'est pas la seule substance prescriptible dans ce cas précis) pourra vous apporter un soulagement rapide en accompagnement de ce traitement de première intention et en accompagnement seulement. En effet l'homéopathie ne saurait se substituer à un traitement conventionnel et toute automédication qui ne voit pas d'amélioration rapide des symptômes doit impérativement faire l'objet d'un suivi médical.
D'une façon plus générale incluant aussi les hommes, abroma augusta s'adresse à tout ceux dont l'irritabilité périodique et les fréquents changements d'humeur affectent l'entourage. Ils souffrent de constipations et de fréquentes envies d'uriner qui les réveillent et les forcent à se lever. L'émission d'urine ou les efforts improductifs de la selle les épuisent et leur donnent des vertiges et des maux de tête. Ils sont aussi réveillés par des grandes soifs d'eau claire et fraîche qui ne parvient pas à hydrater leur gorge et leurs lèvres desséchées. Cette sécheresse les fait tousser le soir et la nuit avec des quintes si douloureuses qu'ils sont obligés de se tenir la gorge et le thorax. D'où des insomnies dont les rares épisodes de sommeil sont agités de cauchemars mettant en scène des accidents et des catastrophes. Tout ces symptômes s'aggravant dans la chaleur de la chambre et s'améliorant nettement bien que transitoirement lors de la marche au grand air.

