ACONITUM NAPELLUS
MONKSHOOD
ECHTER STURMHUT
BLAUER EISENHUT
CASQUE DE JUPITER
CAPUCHON DE MOINE
L'ACONIT
Présentation de la substance :
Herbacée vivace à longue tige et à fleurs bleus en capuchon, cet aconit de la famille des renonculacées pousse à l'état sauvage sur les plateaux de moyenne altitude entre 500 et 1500 mètres. Comme toutes les espèces d'aconit, la plante entière contient un alcaloïde appelé aconitine à plus ou moins haut degré de concentration. Il s'agit là du neurotoxique végétal le plus puissant de nos latitudes, absolument mortel pour l'homme à des doses facilement ingérables (dose mortelle de l'ordre de 4 grammes. Au-delà, aucune espérance de survie). Ce qui en fit un des poisons préférés des assassins ou des suicidaires de l'antiquité. Ses racines sont les plus toxiques mais les autres parties de la plante le sont aussi jusqu'aux fleurs violettes et poudreuses dont la jolie couleur peut facilement attirer l'attention d'un enfant. Pour cette raison, la cueillette de l'aconit napellus est rigoureusement interdite. Il ne faut pas non plus toucher à la plante et en cas de contact accidentel il ne faut surtout pas porter les doigts à la bouche et il convient de se laver soigneusement les mains et sans tarder car le poison est systémique c'est-à-dire qu'il peut franchir la barrière cutanée. C'est dire si une substance aussi redoutablement puissante et toxique a sa place dans l'homéopathie en raison du grand nombre de symptômes violents et d'apparition brutale qu'elle provoque à l'état naturel et donc qu'elle guérit de la même manière aux doses infinitésimales de l'homéopathie.
Symptômes généraux :
- Ceux de l'intoxication à l'aconitine, neurotoxique violent contenu dans cette plante
- Angoisse profonde, extrême avec grande agitation, palpitations cardiaques et douleurs thoraciques à gauche après exposition à un froid sec et remuant. Besoin de changer continuellement de position ou de place.
- L'angoisse est impossible à raisonner.
- Tremblements de tout le corps après exposition à un froid sec, à un grand vent froid et sec.
- Attaques de panique en présence des autres symptômes après exposition au froid sec.
- Dans certains cas une grande frayeur ou un grand traumatisme nerveux peut entraîner les symptômes d'aconit. Mais il faut que les symptômes surviennent brutalement et paroxystiquement. Si les symptômes ne cèdent pas rapidement après un tel choc préférez arnica.
- Peur de la mort. Sentiment (certitude) de mort immédiate ou imminente. Dans des souffrances particulièrement pénibles. Sans raisons apparentes. Pense pouvoir prédire le jour et l'heure de sa mort.
- Grande tension psychique. Tension interne. Hypertension. Autant de réponses angoissées du corps face à l'émergence brutale de symptômes violents.
- Impression d'exploser, d'éclater de l'intérieur
- Les douleurs sont intenses, qu'elles le soient réellement ou simplement ressenties comme tel.
- Tout état fébrile brutal en l'absence de transpiration.
- Fièvre brusque et brutale avec sensation de grand froid interne de tout le corps. En particulier froid au bras.
- Fièvre brutale, très élevée, spectaculaire. Grande soif intense (bouche desséchée, « langue de cuir ») comme si le sujet allait mourir de soif. Le visage est rouge. La peau est brûlante est très sèche (s'il y a transpiration, vous sortez du domaine d'aconitum).
- L'apparition de la transpiration soulage brutalement les symptômes et font sortir du tableau d'aconitum. prendre alors le relais avec une autre substance jusqu'à extinction du symptôme. Sauf si la transpiration ne survient pas auquel cas poursuivre avec aconitum jusqu'à disparition des symptômes à partir du moment où vous constatez rapidement une amélioration même légère de ces symptômes.
- Sensation de brûlure à la base de la langue (comme du poivre) avec production importante de salive.
- Rougeur du visage (congestion) pendant la fièvre avec peau brûlante et sèche
- Sensation que le cerveau vacille, qu'il « bascule » d'un côté et de l'autre, comme une barque. Sensation aggravée en parlant, en buvant, par le moindre mouvement, au moindre effort.
- Rhume à démarrage spectaculaire après exposition au grand froid sec. Avec muqueuse brûlante, écoulement léger et brûlant, grande sécheresse des fosses nasales et impressions de muqueuses à vif comme brûlées.
- Toux sèche se déclenchant après exposition au froid sec. La toux est brûlante, douloureuse, spectaculaire. Elle dégénère souvent rapidement en toux de faux croup type laryngite avec brûlure en écharde et enrouement. Puis en toux profonde, puissante, caverneuse à mesure qu'elle franchit le larynx et descend sur la poitrine.
- Céphalées, migraines brutales et spectaculaires avec agitation, angoisse et sensation d'éclatement de la boîte crânienne.
- Hypertension et palpitations cardiaques dues le plus souvent à la survenue brutale des symptômes et au stress lié à l'angoisse.
- Névralgies (souvent faciales) brutales et électriques après exposition au froid sec.
- Névralgies dentaires très vives, intolérables. Douleurs en décharges électriques.
- Vertiges avec sensation que tout se met à tourner
- Vertiges aggravé en se penchant en avant
- Vertiges aggravés en secouant la tête. Voile noir devant les yeux.
- Toutes douleurs (en particulier dentaires) améliorés par le chaud, un liquide chaud, la chaleur, une compresse chaude.
- Accumulation de ces symptômes après exposition à un froid brutal très vif et sec (ballade au sommet d'une falaise un jour de grand vent avec déclenchement des symptômes de retour au chaud).
- Paradoxalement insolation et surtout refroidissement après insolation
- Refroidissement l'été par une nuit fraîche contrastant avec la chaleur du jour ou après un excès de soleil suivi d'une exposition torse nu à la fraîcheur de la nuit.
- Fièvre de la grippe avec abattement
- Tous les états fébriles si les symptômes surviennent brutalement et sont très vite paroxystiques.
- Les sens sont profondément altérés par la montée paroxystique des symptômes.
- Parfois perte brutale et transitoire de la vision (amaurose, amaurosis fugax) : ce symptôme doit de toute façon vous conduire à consulter rapidement
- Aggravation de tous les symptômes dans la soirée, après le coucher du soleil, avant minuit
- Aggravation de tous les symptômes dans une chambre chaude, fermée, couché sur le côté gauche.
- Amélioration en seconde partie de nuit, le matin, au frais.
- Fourmillements, sensation de peau comme du coton au toucher (paresthésie)
- Paresthésie accompagnant les névralgies (douleurs + endolorissement cutané type syndrome du canal carpien.
- Le sujet ne supporte pas le bruit hormis une musique légère.
- Affaiblissement et douleur articulaire. Sensation de relâchement des ligaments. Les ligaments craquent. Les rotules craquent. Les articulations craquent et claquent. Les genoux sont instables, ressentis comme fragile. La démarche est peu assurée, inconfortable. Les articulations douloureuses et chaudes. Comme enflées.
- Douleur à la tête du fémur, le haut du fémur. Le bassin au niveau de la tête du fémur est particulièrement douloureux surtout après avoir été longtemps allongé ou au réveil. Impression que le fémur tremble, que la tête se déloge du bassin. La douleur est violente, électrique, en flèche pointée vers le haut dans l'axe du fémur. Le sujet se retient aux meubles. Il a peur de tomber.
- Les jambes et les cuisses sont endolories et faibles après une station assise prolongée.
- Insensibilité anale avec parfois émissions involontaires de selles
- Insensibilité de la vessie avec parfois émissions involontaires d'urine.
- Le sujet se lamente beaucoup et adresse de nombreux reproches à son entourage.
- Le sujet est somnolent, épuisé. Il a perpétuellement besoin / envie de s'allonger (encore une fois ces symptômes visent des individus d'habitude très actifs et en pleine santé ce qui accentue encore plus le contraste).
- Douleur pointue, comme un clou, au-dessus de l'arcade sourcilière ou juste au-dessus de l'orbite. La douleur descend (dégouline) vers la mâchoire supérieure et est accompagnée de nausées.
- Mâchoires bloquées (sensation de) avec difficultés d'élocution (trismus)
- Douleurs ophtalmiques très vives avec aversion pour la lumière et le bruit
- Migraine avec abattement ressemblant aux lourdeurs de tête après un repas trop copieux. Les tempes semblent serrées dans un étau. Grande fatigue et irritation.
- Migraine avec impression que les yeux vont sortir de leurs orbites, vont tomber. Impression que les yeux gonflent et ressortent.
- Migraines violentes avec impression que tout le cerveau enfle et palpite, comme si le crâne allait éclater sous la pression du cerveau qui enfle.
- Les migraines sont pulsatiles avec des pointes douloureuses comme un clou. Les pointes de douleur suspendent la parole, empêchent de parler. Le sujet se tait et grimace de douleur. Il intime souvent d'un geste de la main l'ordre à son interlocuteur de se taire. Emprisonné par la douleur.
- Douleur vibrante, en écharde, dans la partie gauche du front avec décharges brillantes et coups de marteau dans la partie droite. De gauche à droite.
- Douleurs intenses et paralysantes à l'anus (proctalgies fugaces) cédant généralement au bout de quelques minutes avant de revenir. Elancements et pressions dans la région anale.3
- Douleurs au niveau des lombaires et du sacrum.
- Douleur dévalant de la nuque jusqu'au sacrum
- Remontées acides. Pousse pour tenter d'éructer.
- Goût de sang dans la bouche en toussant.
- Les selles sont molles et blanchâtre ou verdâtres comme des épinards hâchés, les urines colorées en rouge
- Douleurs hépatiques déclenchant une gêne respiratoire au niveau de la poitrine (dyspnée)
- Souvent les narines se bouchent, aggravant la dyspnée, surtout pendant le sommeil.
- Le sommeil est très agité avec des mouvements brusques et des paroles indistinctes avec voix surprise, effrayée. Comme des questions posées par le dormeur à quelqu'un qu'il aperçoit dans son sommeil.
- Brûlures en urinant
- Douleur cuisante à un testicule.
- Le visage passe souvent du rouge cuisant au très pâle en se redressant. Les lèvres sont très foncées, presque noires.
- Difficulté à remuer la tête.
- Parfois paralysie et engourdissement du bras gauche et de la jambe gauche cessant soudainement pour passer aux membres droits.
- Ne supporte pas le contact
- Ne supporte pas d'être découvert
- Ne supporte pas le poids de ses draps
- Le sujet à tendance à donner des coups de pied dans ses draps pour se découvrir.
- Peur
- Peur de la rue
- Peur de la foule
- Grande soif de grandes quantités d'eau froide
- Parfois la peau se colore en rouge sur de grandes étendues sèches et brûlantes (exanthèmes)
- Panique avec envie impérieuse de sortir d'un lieu clos pour échapper des regards et à la chaleur. Les visages rouges sans transpiration.
- Coups de soleil
- Allergies solaires
- Lucites
- Inflammations oculaires dues à la réverbération (ophtalmie des neiges)
- Arrêt brutal des règles à la suite d'une grande peur, d'un choc nerveux.
Profil type :
La principale indication d'Aconitum est tout état fébrile en l'absence de transpiration. Toute apparition de transpiration fait immédiatement sortir du tableau d'Aconitum. Les angoisses profondes avec agitation. Les attaques de panique. Toute fièvre brutale et envahissante après un coup de froid. Et surtout toute attaque de panique et de fébrilité avec sensation de mort imminente.
D'une façon générale, aconitum nappelus sera la substance de première intention dans toutes les pathologies dont les symptômes sont violents, paroxystiques et apparaissent brutalement après une exposition au grand froid sec. On privilégiera donc aconitum lorsque ces pathologies à installation immédiate et spectaculaire le sont après un choc thermique comme un coup de froid brutal par grand vent après une promenade l'hiver par exemple.
Les pathologies ne sont pas nécessairement graves (ça peut être un simple rhume ou un mal de ventre) mais les symptômes sont toujours à montée très rapide et brutale.
A ce titre tous les symptômes de cette substance particulièrement toxiques sont décrits comme violents et difficilement soutenables. Pour relever de l'usage d'aconitum les symptômes auxquels vous êtes confrontés doivent avant tout être spectaculaires.
De plus aconitum cible remarquablement et préférentiellement les sujets jeunes, robustes et en pleine santé sur lesquels l'apparition et l'accumulation des symptômes violents sont d'autant plus spectaculaires et caractéristiques de la substance.
Sec. Retenez cet adjectif qui colle très bien à aconitum. Pas ou très peu d'écoulement. Tout est sec, brûlant, spectaculaire et rapide dans le tableau de cette substance. Tout les symptômes doivent s'installer très vite et atteindre très rapidement un point culminant très élevé avec grande angoisse et grande agitation à cause précisément de la violence et de la soudaineté des symptômes qui font craindre le pire « par le sujet » (et non pas forcément « pour le sujet »).
Dans la mesure où le tableau d'aconitum est presque toujours complet ou presque complet, cette substance s'utilise presque toujours à haute dilution en prises rapprochées en respectant la loi de l'arrêt des prises à l'extinction des symptômes.
Aconitum est une substance a action très forte et très courte. Aussi forte en fait que les symptômes qu'elle a charge de combattre. A ce titre les symptômes qu'elle traite doivent céder d'autant plus vite qu'ils sont violents. Non pas guérir mais céder c'est-à-dire s'améliorer rapidement, même un peu. Si ce n'est pas le cas, c'est-à-dire s'il n'y a pas une réelle amélioration dans les minutes ou les heures qui suivent la première prise, il faut modifier la dilution ou s'orienter vers une substance plus spécifique. Au-delà de six heures après l'apparition des symptômes il est inutile de donner aconit ou de poursuivre les prises.

