L’homéopathie, comment ça marche ?
L’idée fondatrice de l’homéopathie a été introduite au 17° siècle par Samuel Hanneman, un médecin allemand qui ne supportait plus les saignées et les traitements souvent cruels et rudimentaires que les docteurs de l’époque administraient aux malades, le plus souvent sans résultat.
La première approche de l’homéopathie initiée par Hanneman est celle de la similitude ou « contre symptôme » qui consiste à soigner les symptômes en administrant des doses infinitésimales d’une substance active connue pour déclencher le symptôme en question lorsqu’elle est administrée à un organisme qui n’en n’a pas besoin.
Autrement dit l’homéopathie soigne « le mal par le mal » en présentant au corps des substances actives qui vont déclencher des réponses immunitaires ciblées visant à annuler le ou les symptômes que ces substances provoquent à haute dose.
Ainsi par exemple, pour soigner les crampes, les contusions, les chocs physiques, la fatigue sportive et par extension les chocs nerveux et les traumatismes psychologiques, l’homéopathie propose arnica. Or l’arnica est une plante hautement toxique dont la substance active administrée à haute dose à un organisme sain provoque les mêmes symptômes que ceux qu’elle soigne à dose infinitésimale sur un organisme affaibli par ces symptômes.
Autrement dit si vous ne présentez pas les symptômes d’arnica et que vous prenez de fortes doses d’arnica vous allez déclencher dans votre organisme les symptômes d’épuisement musculaires propres à arnica et ce sans même avoir fait deux minutes de sport. D’un autre côté, si vous avez effectivement fait trop de sport et que vous prenez arnica aux doses infinitésimales de l’homéopathie, la substance active d’arnica va déclencher la réponse immunitaire de votre organisme visant à atténuer et à réduire le symptôme.
Mais comme nous le disions plus haut, arnica ne va pas directement s’attaquer au symptôme mais à ses racines et à ses causes. Racines profondes s’il s’agit d’un épuisement physique ancien ou d’une faiblesse physique ancienne (dans le cas par exemple d’entorses répétitives dues à une première entorse ancienne et mal soignée ayant entraîné une hyper élasticité des ligaments de la cheville), racines récentes dans le cas d’un choc physique récent (claquage, crampes…). Arnica va donc traiter les causes réelles du problème plus ou moins vite en fonction de l’ancienneté de ce problème : il va immédiatement vous soulager de vos crampes si vos crampes sont dues à une fatigue physique récente et il va progressivement soigner la cause de vos entorses répétitives puisque cette cause s’inscrit plus loin dans le temps. Il va donc apporter un soulagement immédiat du symptôme et dans le même temps un soulagement progressif des causes profondes du problème. Etant entendu que si vous vous bornez à soulager le symptôme sans chercher les causes profondes du problème, seul le symptôme sera soulagé et donc ce symptôme réapparaîtra jusqu’à ce que vous traitiez la racine profonde du problème en attaquant un traitement de fond et donc de terrain.
En résumé et pour bien comprendre le mécanisme du « contre symptôme » sur notre exemple d’arnica :
- Vous avez des crampes particulièrement douloureuses parce que vous venez de faire du sport à haute dose et vos muscles sont gorgés d’acide lactique. Vous pouvez prendre de l’arnica en basse dilution (4, 5 ou 7 CH) à raisons de plusieurs prises de 3 à 4 granules à espacer jusqu’à soulagement du symptôme qui n’aura pas de raison de réapparaître avant la répétition de la cause c'est-à-dire avant la prochaine séance de sport excessif, séances que vous pourrez préparer en prenant de l’arnica avant, pendant et après l’effort.
- Vous présentez plusieurs symptômes de la panoplie des symptômes d’arnica ou vous souffrez par exemple d’entorses récidivantes de la cheville à cause d’une première entorse mal soignée quelques années ou quelques mois auparavant. Voici la racine du mal et sa conséquence : vos ligaments sont relâchés. Dans ce cas précis, arnica va attaquer le symptôme pour le soulager mais seul un traitement au long cours va régler les causes profondes et donc annuler progressivement la récidive du symptôme. Vous choisirez donc arnica en haute dilution (9, 15 ou 30 CH en fonction de l’ancienneté de la cause et du nombre de symptômes arnica que votre état laisse apparaître) à raison d’une dose par semaine pendant au moins trois mois + arnica 4 à 7 CH avant et après chaque effort pour attaquer le symptôme. Ce qui ne vous empêchera pas dans ce cas précis de vous entourer de précaution en échauffant soigneusement votre articulation, en l’enveloppant dans une chevillière et en suivant par exemple des séances de rééducation au laser pour aider arnica à resserrer progressivement vos ligaments.
Par cet exemple, vous commencez à entrapercevoir une partie du mode de fonctionnement de l’homéopathie : le traitement symptomatique couplé au traitement progressif des causes profondes du ou des symptômes.
Si par exemple vous souffrez du mal des transports, Cocculus Indicus va vous apporter un soulagement immédiat pendant le transport en annulant le symptôme. Mais comme le symptôme va progressivement revenir à mesure que l’effet de Cocculus va se dissiper vous devrez reprendre des granules si le transport se poursuit. Vous serez donc strictement dans une démarche symptomatique visant à annuler un symptôme inutile et uniquement induit par des causes extérieures.
A l’inverse si par exemple vous souffrez de nausées violentes au moment de vos règles, c’est un autre médicament homéopathique qui prendra le relais à condition que vous traitiez à la fois le symptôme et le terrain qui fait qu’à chaque fois vous êtes prise de nausée au moment des règles. Si vous ne traitez pas le terrain en même temps que le symptôme vous allez vous rendre compte que progressivement le symptôme va s’éteindre ou plutôt qu’il va se déplacer. Vous risquez alors de devoir multiplier les médicaments homéopathiques en jouant à cache-cache avec vos symptômes.

